Billets de prixlectureses

« Le bel avenir de l’Etat providence »

 « Le bel avenir de l’Etat providence »

Eloi Laurent

Ed Les liens qui libèrent

La protection sociale contribue à l’affaissement moral des individus ? C’est faux : elle assure leur bien-être. L’Etat Providence bride le dynamisme économique et écrase de ses insupportables charges la création de richesse et l’innovation ? C’est faux : il favorise la prise de risque, développe les capacités humaines et maintient la cohésion sociale. L’Etat providence est insoutenable financièrement ? C’est faux : il n’a jamais provoqué la moindre crise économique.  Depuis trente ans, l’Etat Providence n’est envisagé que sous l’angle de sa crise et son inéluctable effondrement. Ce discours inquiétant se veut performatif : on espère préparer ainsi les esprits au recul inévitable et pour tout dire souhaitable de la mutualisation des risques sociaux.

Réfutant fermement le déclinisme social ambiant (« nous mourrons ensevelis sous le poids de notre Etat Providence »), ce livre laisse entrevoir non seulement la consolidation sociale mais la perpétuation écologique de l’Etat providence : l’état actuel des insécurités sociales comme la menace de celles, écologiques, qui sont déjà là et grandissent à l’horizon conduisent à penser que nous allons vers un renforcement global de nos protections collectives, dans le sens exactement opposé à ce que nous indique une vulgate néolibérale en bout de course.

« Mon amie c’est la finance » A de Tricornot et alii, Ed Bayard

 « Mon amie c’est la finance » A de Tricornot et alii, Ed Bayard

Dans son fameux discours du Bourget, le 22 janvier 2012, le candidat Hollande avait promis de réformer le système financier, qui était, disait-il, son véritable adversaire. Pourtant, présenté au tournant de l'année 2013, le "projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires" est un leurre. Car la loi ne sépare pas les activités de marché mais en filialise simplement une toute petite partie. Les auteurs de ce livre clair et engagé montrent que la toute-puissance de la banque "mixte" condamne notre pays à dépendre des caprices des marchés et qu'il n'y aura de prospérité durable en France que si nous investissons à nouveau dans le long terme, en remettant la finance à sa juste et très modeste place, grâce à une réglementation exigeante.

Sélection Alternatives économiques 2015

« Comment ils nous ont volé le football »

« Comment ils nous ont volé le football ». A.Dumini et F. Ruffin, Fakir éditions

On tape dans le ballon depuis la cour de récréation.
Entre les buts de handball, dessinés sur le mur du préau, on s’est esquintés les genoux pour sauver un penalty.
Et le dimanche, qu’il pleuve, qu’il vente, on chausse encore nos crampons dans les vestiaires...

Que s’est-il passé alors ?
C’est le même jeu, un ballon, deux équipes, quatre poteaux, et voilà que ce sport du pauvre brasse des milliards, s’exporte comme un produit, devient la vitrine triomphante, clinquante du capital.

Que s’est-il passé ?
Rien, en fait. Juste que l’argent a envahi toute la société, lentement, depuis trente ans, et que le football en est le miroir grossissant.
C’est une histoire économique que ce sport nous raconte, à sa manière, des années 60 à aujourd’hui, de la libéralisation des ondes à la mondialisation des marques jusqu’aux fonds de pension.

Le ballon, comme un monde en plus petit.

Sélection Alternatives économiques 2015

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